Journée mondiale du lait
Journée mondiale du lait : les producteurs attendent avec scepticisme l’annonce des résultats du High Level Group prévue fin juin
Le groupe d’experts de haut niveau sur le lait toujours sans réponse efficace aux problèmes des producteurs de lait européens
Bruxelles/Hamm, le 31 mai 2010 :
C’est demain la journée mondiale du lait et les chances de venir à bout de la crise chronique du marché laitier sont plus que minces. Tout porte à croire que les propositions que présentera fin juin, le groupe d'experts de haut niveau du lait ne seront pas en mesure de garantir les revenus des producteurs laitiers ni une production laitière de haute qualité. C’est ce que dénonçait l’European Milk Board (EMB) aujourd’hui lors de la conférence de presse qui se tenait à Bruxelles. « Le bilan est décevant » déclare Romuald Schaber, président de l’EMB : « Trois auditions, une conférence sur le lait, chaque fois des questions trop restrictives qui ne permettent pas d’ouvrir le débat sur des instruments alternatifs : voilà ce à quoi se résume dans la réalité la coopération avec les acteurs du marché laitier que la Commission européenne promettait constructive. » L’EMB n’avait pourtant pas cessé de proposer de coopérer de manière constructive à l’élaboration de solutions adaptées à la filière du lait.
Le HLG sans vision globale
Parmi les points de discussion énumérés fin mars par le HLG dans le cadre de la conférence du lait figuraient les vieilles mesures telles que les mesures d’intervention et le régime de paiement unique. Autres thèmes abordés : une meilleure transparence, les marchés à terme (terrains de jeu des spéculateurs), les contrats directs entre producteurs laitiers et industrie laitière et l'instauration de règles d'exception pour les producteurs laitiers dans le droit des cartels. Ces différentes mesures ne semblent pas s’inscrire dans un concept global mais forme un ensemble hétéroclite de mesures ponctuelles. Et Romuald Schaber ajoute également : « Les producteurs laitiers européens ne voient pas comment ces instruments pourraient aider à renforcer concrètement leur position sur le marché laitier et à garantir une production laitière durable dans toutes les régions d’Europe. » La prise de position qu’adopte l’EMB sur les différents instruments figure en pièce jointe de cette déclaration de presse.
Recourir à des instruments efficaces contre la crise du marché laitier revêt une importance non seulement pour les producteurs laitiers européens mais aussi pour les consommateurs, notre environnement, la protection des animaux et les producteurs des pays en voie de développement. C’est en faveur de revenus équitables pour les producteurs que plaide aujourd’hui lors de la conférence de presse de Bruxelles, Kerstin Lanje, représentante de l’organisation d’aide au développement Misereor.
La vice-présidente de l’EMB, Sieta van Keimpema, s’exprime sur la future structure du marché laitier de l'UE en ces termes : « Du point de vue de nos associations membres issues de 14 pays européens, une politique laitière doit en premier lieu viser à renforcer la position des producteurs en élargissant leurs possibilités de se regrouper et de gérer les volumes de lait au niveau de la production. » A cet effet, il faut effectivement modifier le droit des cartels et donner un caractère obligatoire aux décisions prises par l’organisation européenne de producteurs. L’objectif doit être d’assurer une production de lait qui soit de haute qualité et puisse être vendue à des pris rémunérateurs en priorité à l’intérieur des frontières de l’Europe. Ceci est autant dans l’intérêt des producteurs, d’une grande partie de l’industrie laitière que des consommateurs.