LAIT : Allemagne

Publié le par Coordination Rurale 67

L'Agence anticartel allemande s'en prend vivement aux coopératives laitières, accusées de ne pas défendre les prix des producteurs.


3 mars 2010  En Allemagne


L’Agence anticartel vient de publier un rapport d’étape tonitruant sur le secteur laitier.  En attendant le rapport complet qui fait déjà trembler...

Eva Maria Schulze ( photo), rapporteur de l’étude de l’Agence anticartel, déclenche déjà de fortes réactions par ses déclarations dans diverses enceintes. Elle souligne que l’Agence était « surprise de voir que les phénomènes de pouvoirs dans cette branche  jouent au détriment des éleveurs bien que 70 % du lait soit collecté par les coopératives ». Elle ajoute que les structures et les organes des coopératives sont devenus autonomes. La coopérative laitière ne supporte pas de « risques propres », le risque de la commercialisation est répercuté sur le producteur. Selon elle, les coopératives ne font preuve d’aucune vraie  motivation dans les négociations pour sortir le prix maximum pour les paysans. Sous entendu : Cça ne sert à rien dans ces conditions de se plaindre du pouvoir de la distribution. Les laiteries privées, qui pourraient payer plus, grâce à leurs produits, s’alignent sur les coopératives. Selon Mme Schulze, l’Agence est  favorable à un regroupement dans le lait, un renforcement par des groupements de producteurs autorisés par la loi. Celle-ci, contrairement à des règles générales, les autorise à intervenir sur les volumes et les prix.

Le DRV, la Fédération de la coopération, a immédiatement réagi à ce rapport d’étape de l’Anticartel et aux explications du rapporteur. Pour le DRV, les coopératives sont déjà des groupements de producteurs. Les coopératives fonctionnent sur le principe de l’apport total et de l’obligation d’achat pour la coopérative. Il est irréaliste de vouloir faire négocier les prix du lait entre un groupement de coopérateurs et la coopérative. La coopérative doit sortir le meilleur prix possible, celui-ci dépend de la situation des marchés. Il n’y a pas à avoir d’organisme intermédiaire entre les coopérateurs et la coopérative. Ils forment une unité fonctionnant à travers des décisions démocratiques.

Le BDM comprend soudain que les positions de l’Anticartel peuvent être un soutien clair aux siennes. Romuald Schaber a demandé immédiatement à tous les producteurs de lait de ne plus hésiter devant les regroupements de producteurs et en particulier le groupement national des producteurs de lait Milch Board. Le mouvement est européen. Graefe zu Baringdorf, le président d’AbL, entame tout aussi promptement la même croisade pro-groupements de producteurs de lait et accuse au passage le DBV d’avoir toujours déclaré que le regroupement des producteurs finirait par buter sur l’Anticartel. Pour lui, comme pour Schaber, le DBV fait cause commune avec les laiteries. Conclmusions, du moins pour le BDM : les coopératives ne sont plus une solution pour les éleveurs laitiers

 
Ndlr:   La réponse actuelle de la coopération, trop classique, ne convainc pas tous les éleveurs laitiers, c’est le moins qu’on puisse dire ! Cette affaire relance à point nommé des organisations dites contestataires. Mais on peut aussi se poser des questions concernant les positions de l’Anticartel. Non seulement on admet dans le secteur laitier allemand les regroupements et pouvoirs combattus ailleurs, mais l’Agence en fait l’apologie. Exemple : Eva Maria Schulze a participé à certaines réunions de producteurs. Lors de l’une d’elles, la question lui a été posée de savoir à partir de quel degré de regroupement des producteurs l’Agence réagirait. Réponse : on est tellement loin de 80 % que cela n’a pas de sens d’en parler. Et quand la question a été relancée, elle a répondu : «  Mais bon sang, faites-le, et ne dites pas tout le temps que vous ne savez pas comment réagira l’Anticartel ! »



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