François Lucas en terre de mission

Publié le par Coordination Rurale 67

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Agriculture / Syndicalisme

François Lucas en terre de mission



 

François Lucas, président national de la Coordination Rurale, a fait hier étape à Wahlenheim. Pour débattre des propositions du syndicat avec ses adhérents et ses sympathisants alsaciens et les inviter à rester mobilisés.

 

L'équipe de la Coordination rurale (CR) du Bas-Rhin n'a pas été prise au dépourvu. A peine plus d'une vingtaine de personnes ont fait hier le déplacement jusqu'à Wahlenheim pour rencontrer François Lucas, le président national du syndicat.

 Les militants locaux n'en attendaient à vrai dire guère plus. « Nous sommes un jeune syndicat », explique Raymond Durr, le président de la section départementale créée il y a trois ans. L'organisation, qui s'efforce de défendre ses idées face à la toute puissante FDSEA, revendique aujourd'hui « une trentaine d'adhérents ». Elle sait néanmoins qu'elle peut compter sur de nombreux sympathisants, ceux par exemple qui lui ont permis d'avoir deux élus aux dernières élections à la chambre d'agriculture.

 

« Ce que nous attendons, c'est de la simplification, de la liberté et une baisse des charges »

 

 « Cette mobilisation, il faut l'entretenir », estime François Lucas. C'est dans cette optique que le dirigeant syndical a fait hier étape dans le Bas-Rhin, après être allé à la rencontre cette semaine des militants lorrains.

 « Je suis venu vous mettre en colère positive, en colère active ! », a-t-il expliqué au noyau dur de la CR 67. Pas très compliqué au regard de la conjoncture actuelle qui s'est traduite en 2009 par une chute du revenu des agriculteurs de 34 %. D'autant que les perspectives ne sont à l'heure actuelle guère encourageantes.

 La situation des éleveurs laitiers est toujours aussi précaire, a constaté M. Lucas. A cet égard, la Coordination Rurale, à l'origine de la grève du lait qui avait enflammé les campagnes l'an dernier, continue de revendiquer un prix minimum de 400 € les mille litres (contre moins de 300 € aujourd'hui). « En dessous de 330 €, on ne couvre pas nos frais et on ne perçoit pas de salaire », rappelle Raymond Durr.

 Autre sujet d'inquiétude : la loi de modernisation de l'agriculture. « Ce que nous attendons, a indiqué le dirigeant syndical, c'est de la simplification, de la liberté et une baisse des charges ». Or pour lui, ce texte, censé redonner de la compétitivité aux exploitations, va à l'encontre de ces aspirations.

 Il risque au contraire, a-t-il expliqué, d'attacher de nouveaux boulets aux pieds des paysans, en instituant de nouvelles dispositions d'ordre environnemental (la prolongation des trames vertes), en les obligeant à signer des contrats avec les transformateurs et les distributeurs ou encore en les contraignant, sous peine de ne plus percevoir d'aides à la production, à contracter une assurance récolte jugée peu performante.

 

« Il existe un moyen simple pour regagner de la compétitivité agricole »

 

 Pour une organisation « qui rassemble des gens qui n'acceptent pas d'être mis en coupe réglée », ces dispositions sont inacceptables. « En les découvrant, j'étais effaré, maintenant, je suis en colère », a martelé M. Lucas, en invitant les agriculteurs « à se mobiliser ».

 Pourtant, a-t-il insisté, « il existe un moyen simple pour regagner de la compétitivité agricole ». Il tient en deux mots : TVA sociale. Allégé du coût de la protection sociale, le prix des productions françaises redeviendrait tout à fait concurrentiel, a expliqué François Lucas. « Nous avons d'ailleurs proposé que le secteur agricole devienne un terrain d'essai ». Pour l'heure, sans résultat.

 

 

Odile Weiss

http ://cr67.over-blog.fr

© Dernières Nouvelles D'alsace - Vendredi 15 Janvier 2010

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